Banaue – Pula – Batad : trek de trois jours dans les rizières

Nous quittons donc la Thaïlande pour nous rendre aux Philippines direction Manille. Arrivée en début d’après-midi, dans cette ville au trafic infernal. Nous nous rendons à la station de bus pour nous rendre directement dans le nord du pays, à Banaue.

Nous sommes attendus là-bas au petit matin par Samuel, d’Ifugao trek, qui travaille avec sa femme Zellie. Petite sieste et nous voilà parti sous la pluie pour notre première journée de trek. Nous rencontrons notre guide pour les 3 jours, Mullin, un homme incroyablement gentil, qui prend soin de ses clients comme personne et qui nous explique pleins de choses sur la vie des gens qui vivent dans les villages que nous traverseront. A savoir qu’aucune route ne mènent à ses villages, seulement un chemin de terre pour s’y rendre à pied. Les gens vivent en auto-suffisance avec leurs rizières et se rendent dans la ville de Banaue pour y acheter d’autres produits nécessaires à la vie quotidienne.

Après 5 heures de marche sous la pluie, dans la forêt tropicale, nous arrivons à Pula. Un petit village de 200 habitants. Grâce à Ifugao trek, nous avons eu l’immense privilège de dormir chez une famille, comme eux, dans la maison traditionnel. Accueilli par les « hello » et les sourires des enfants, nous commençons par mettre nous habits mouillés à « sécher »! Mullin allume un feu de bois sous la maison pour nous réchauffer et cuire le riz. On s’installe et on parle de la vie avec Mullin, qui est quelqu’un de très ouvert, nous avons donc eu la chance d’apprendre pleins de choses sur les coutumes des philippins. Nous mangeons ensuite autour du feux, avec les chiens. Du riz, du poulet, des légumes et nous goûtons des tiges de nénuphars (délicieux!) et l’alcool de riz rouge local. Ensuite une bonne nuit de sommeil malgré les cafards géants et les gentilles araignées!

Nous avons passé un moment unique, magique et complètement authentique. Un souvenir impérissable.

Sur le chemin, j’essaie d’imaginer les Ifugaos qui doivent marcher pour aller chercher du ciment par exemple (40kg à porter pendant 4h souvent pied nus dans la boue) ou la femme enceinte qui au huitième mois de grossesse, doit également faire ce chemin pour aller accoucher à Banaue. Ces gens se lèvent tous les matins pour leur survie en espérant qu’ils auront suffisamment de riz pour nourrir toute la famille. Sachant que par exemple la famille qui nous accueilli a sept enfants. Maintenant, le gouvernement permet aux femmes d’aller chercher gratuitement la pilule contraceptive ou autres moyens de contraception. Mais les familles restent nombreuses. Il y a des écoles élémentaires dans tous les villages, mais souvent les enfants ne peuvent pas poursuivre leurs études, car ils doivent déménager en ville et cela coûte cher. Nous avons aussi pu discuter des mariages, des enterrements, de la vie au quotidien pour eux et c’etait réellement très enrichissant. Par exemple, lors d’un mariage, la famille du futur mari doit fournir la viande pour le repas et du côté de la femme, ils s’occupent du riz et des légumes. Tout ça coûte cher, car tout le village est invité, chacun amène des cadeaux (poule, riz, argent, en fonction de leur moyen). Concernant, les enterrements, lorsqu’un membre de la famille décède c’est la personne le plus proche du défunt qui doit s’occuper de nourrir tous les gens qui viennent rendre hommage au défunt. Après un an, le cours est déterré et les proches peuvent nettoyer et faire une cérémonie avec les os. Il y a beaucoup de traditions toutes aussi incroyable. Nous écoutions Mullin avec attention, nous raconter sa vie.

Le lendemain, la pluie a disparu, petit-déjeuner avec vue sur les rizières, c’est aussi l’occasion de remercier la famille avec quelques petits cadeaux. Les philippins, plus particulièrement les Ifugaos qui sont extrêmement gentil, mais très timide ☺️.

Nous partons pour quelques heures de marche dans un décor merveilleux. C’est incroyable ces rizières, car à cette période, elles sont remplie d’eau pour la plupart, le riz est planté et récolté une fois par année. Quand c’est rempli d’eau, on y trouve des petits poissons et même des moules et des escargots. A savoir que les escargots sont transformés en poudre, oui oui en poudre qu’ils utilisent pour le moma (feuille de béthel, noix de béthel et poudre d’escargot que les philippins mâchent pour se « réchauffer » et ce qui donnent leur sourire rouge comme dans beaucoup de pays en Asie, Julien a testé il pourra vous en parler). Quand les rizières sont sèches, elles se transforment en jardins (culture de tomates, piments, haricots etc).

Niveau nourriture BIO, je pense qu’on peut difficilement faire mieux, tu veux du pomelo, tu vas le chercher dans l’arbre, idem pour les fruits de la passions (différentes sortes), la canne à sucre, le riz est évidement incroyable tout comme les légumes et les petites fougères (oui il y en a qui se mange!). Arrivée pour la pause de midi dans le petit village de Camboulo. On repart direction Batad, un village au centre des rizières. Juste incroyable! Les photos parlent d’elles-mêmes.

En arrivant à Batad, une fille et sa maman étaient en train de piller le riz. Tous les jours, deux fois par jour pendant 20 Minutes pour eux (1h pour nous voir plus), ils pilent le riz avec un pilon très lourd pour pouvoir ensuite le cuisiner, les déchets servent de nourriture aux poules.

Nous profitons pour faire un massage, à quatre mains pour ma part, car les filles n’avaient pas de travail, juste avant Noël ça nous a fait mal au cœur, car beaucoup de touristes ne sont pas venu à cause de la pluie et la haute saison aurait du commencer il y a déjà deux semaines. On leur a donc donner un peu plus d’argent pour qu’elles puissent préparer la fête de Noël.

Repas du soir, poulet Adobo, trop bon! Lendemain matin, direction la cascade du coin avec les chiens de la guesthouse qui nous accompagnent! Montée et descente assez raide mais ça en vaut toujours la peine!

Ensuite direction Banaue, Samuel nous attend en tricycle (sorte de sidecar philippins: une moto, une petite cabine accrochée à la moto et on peut y mettre entrée 2 et 10 personnes!) pour nous ramener à Banaue. Arrivée vers 15h pour une bonne douche chaude avant de reprendre le bus de nuit direction Manille. Avant de monter dans le bus, nous faisons connaissance avec Zellie, la femme de Samuel, française, qui vit à Banaue depuis 5 ans et qui a fondé Ifugao trek et qui a pleins de projets en cours pour aider les villages reculés. Nous faisons également nos aurevoirs à Mullin, avec la promesse de revenir, car trois jours c’est vraiment TROP court!

Si vous passez par Banaue, écrivez un petit mail à Zellie et Samuel d’Ifugao trek: https://www.ifugao-trek.com. Jetez un coup d’œil!

Et demandez Mullin comme guide, ça l’aidera beaucoup!

Encore un grand merci à Ifugao Trek pour cette magnifique expérience!

Un commentaire sur “Banaue – Pula – Batad : trek de trois jours dans les rizières

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  1. Quelles extraordinaires rencontres et expériences, vous êtes des vrais explorateurs…..c’est bien mieux que les hôtels 5 étoiles ! Quel enrichissement, je vous envie….Dad

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